Un accident vasculaire cérébral (AVC) ou un accident ischémique transitoire (AIT) est une urgence médicale où chaque minute compte. La reconnaissance des signes d’alerte est essentielle pour permettre une prise en charge rapide, limiter les lésions cérébrales et réduire la gravité des séquelles neurologiques.

En France, l’AVC représente un enjeu majeur de santé publique, avec environ 180 000 nouveaux cas par an. Il constitue la première cause de handicap physique acquis chez l’adulte, la 1ʳᵉ cause de mortalité chez la femme et la 3ème cause de mortalité chez l’homme. Par ailleurs, 1 personne sur 4 de plus de 45 ans sera victime d’un AVC au cours de sa vie. Ces données soulignent l’importance d’une meilleure connaissance des signes d’alerte et d’une réaction rapide face à cette urgence médicale. Pour comprendre ce qu’est un AVC, également appelé attaque cérébrale, consultez la page Qu’est-ce qu’un accident vasculaire cérébral ?

Les symptômes de l’AVC ischémique et de l’AVC hémorragique

Les symptômes de l’AVC sont extrêmement variés, car ils dépendent du siège de l’infarctus ou de l’hémorragie. Chaque partie du cerveau est en effet spécialisée dans certaines fonctions, comme le mouvement, la sensibilité, le langage ou la vision. Cependant, certains signes très fréquents doivent donner l’alerte.


Ce sont ces signes qui sont mis en avant dans les campagnes d’information destinées au grand public :

  • Déformation ou paralysie d’un côté de la bouche. La déformation peut également être une paralysie du visage (sourire asymétrique).
  • Faiblesse ou perte de sensibilité d’un côté du corps, bras et/ou jambe (engourdissement, difficulté à lever le bras). Cette faiblesse peut s’accentuer et évoluer vers une paralysie (hémiplégie), le plus souvent d’un côté du corps.
  • Troubles de la parole ou de sa compréhension : difficulté à articuler (dysarthrie), à trouver ses mots, à parler de façon inintelligible et difficile à comprendre (aphasie).
  • Perte soudaine de la vision : d’un œil (cécité unilatérale), de la moitié du champ visuel de chaque œil (hémianopsie) ou vision double (diplopie).
  • Vertige soudain avec perte d’équilibre ou de coordination des membres.
  • Mal de tête très brutal, intense et inhabituel.

Les symptômes surviennent de manière soudaine et brutale, d’où le terme d’accident ou d’attaque cérébrale. Leur intensité est d’emblée maximale ou s’accentue sur quelques minutes ou quelques heures. Ils surviennent parfois pendant le sommeil.

Que faire en cas d’apparition des symptômes ?

Face à l’AVC, chaque minute compte : agir vite, c’est sauver des millions de neurones. En effet, le risque de séquelles – pouvant aller jusqu’au décès du patient – dépend du délai avant le diagnostic et la prise en charge.

Il faut surtout éviter de céder à la tendance naturelle qui consiste à minimiser les symptômes, à leur trouver une explication rassurante et à attendre en espérant que tout se résorbera rapidement. Il vaut mieux appeler à tort que trop tard.

Dès l’apparition de ces symptômes, il faut immédiatement appeler le 15 (ou le 112, numéro d’urgence européen), les numéros des centres de régulation des appels médicaux d’urgence. Le régulateur du SAMU oriente et organise au plus vite le transfert vers une unité dédiée à la prise en charge des AVC appelée Unité Neuro-Vasculaire (UNV) ou Unité de Soins Intensifs Neuro-Vasculaires (USINV), si la suspicion d’AVC est confirmée. C’est pourquoi il est essentiel de contacter le 15 et non un autre numéro d’urgence.

Une UNV – unité neuro-vasculaire est un service hospitalier spécialisé dans la prise en charge des patients victimes d’un AVC ou d’un AIT, accessible 24 h/24 et 7 j/7 Il s’agit d’un service d’intervention rapide dont les objectifs sont de poser un diagnostic le plus rapidement possible, de traiter l’obstruction sans délai et d’assurer une surveillance continue par des équipes spécialisées. L’objectif est d’améliorer les chances de survie et de favoriser une récupération optimale des fonctions touchées.

Et, si les symptômes disparaissent rapidement ?

Lorsque les symptômes disparaissent rapidement, il faut rester en alerte et considérer la situation comme une urgence médicale qui nécessite une prise en charge rapide. La régression des signes en quelques minutes ne doit en aucun cas rassurer. Ces déficits neurologiques soudains régressant rapidement portent le nom d’accident ischémique transitoire (AIT).

Pour rappel, l’AIT est lié à une obstruction temporaire d’une artère cérébrale, ce qui interrompt brièvement la circulation sanguine dans une région du cerveau.

L’AIT constitue un signe avant-coureur majeur d’un AVC ischémique (infarctus cérébral), avec un risque particulièrement élevé dans les heures et les jours qui suivent.

L’AIT est donc une circonstance privilégiée pour prévenir un infarctus cérébral, grâce à des traitements médicaux ou chirurgicaux susceptibles de bloquer l’évolution. Il est essentiel de reconnaître ces symptômes transitoires comme un signal d’alerte majeur, de réagir comme pour un AVC et d’appeler le 15.

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