L’accident vasculaire cérébral (AVC) est la 1ʳᵉ cause de mortalité chez la femme, la 3ème cause de mortalité chez l’homme et la 2ème cause de démence. 1 AVC sur 2 entraîne un handicap moteur ou un trouble du langage (notamment les handicaps invisibles : dépression, anxiété, fatigue, apathie…). Pour plus de détails à ce sujet, sur la page la semaine du handicap 2025.

En France, on estime à environ 180 000 par an le nombre d’incidences d’AVC et d’AIT (accident ischémique transitoire), soit 1 AVC toutes les 4 minutes. La prévention de l’AVC est un enjeu majeur de santé publique.

Longtemps considéré comme une maladie cardiovasculaire touchant principalement les personnes âgées, l’AVC peut affecter des individus de tout âge, y compris les enfants _ le Fonds a d’ailleurs financé des projets à ce sujet, découvrez le projet du Dr Hertz Pannier.

Le point clé de la prévention de l’AVC repose avant tout sur une bonne connaissance de la maladie et de ses facteurs de risque, voir la page Les facteurs de risque de l’accident vasculaire cérébral (AVC), ainsi que sur l’adoption des mesures nécessaires pour réduire le risque d’AVC. Il est notamment essentiel d’agir sur les facteurs de risque exogènes et donc contrôlables : qu’ils soient médicaux (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, fibrillation atriale, diabète…) ou liés au mode de vie (tabagisme, alimentation déséquilibrée, manque d’activité physique…).

Les 9 mesures pour prévenir un AVC

Il n’existe pas de spécificité dans la prévention selon le type d’AVC, qu’il s’agisse d’un AVC ischémique (infarctus cérébral) ou d’un AVC hémorragique. Les recommandations et les conseils s’appliquent également à l’AIT.

Voici les 9 mesures qu’il est possible de prendre pour réduire de 90 % le risque d’accident vasculaire cérébral et les dangers qu’il présente :

1. Contrôler sa pression artérielle

L’hypertension artérielle constitue le principal facteur de risque d’AVC, et près de 50 % des personnes hypertendues ignorent leur état.

Une pression artérielle est considérée comme élevée lorsqu’elle est ≥ 140 mmHg pour la pression systolique (maxima) et ≥ 90 mmHg pour la pression diastolique (minima). Dans ce cas, il est recommandé de consulter un médecin afin de mettre en place un traitement antihypertenseur approprié et de stabiliser la tension artérielle.

2. Arrêter de fumer

Le tabac double le risque d’AVC et le quadruple avant l’âge de 50 ans. Même sans être fumeur, l’exposition au tabagisme passif augmente également ce risque. Réduire sa consommation de tabac, puis arrêter de fumer, constituent des étapes essentielles pour se protéger et diminuer significativement ce risque.

3. Contrôler son cholestérol

Il est recommandé de surveiller son taux de cholestérol au moins tous les 5 ans.

Pour rappel, l’hypercholestérolémie correspond à une élévation du taux de LDL-cholestérol (Low Density Lipoproteins). Contrôler le cholestérol implique aussi de maîtriser les apports en graisses dans l’organisme, notamment en limitant les acides gras saturés, responsables de l’augmentation du taux de LDL-cholestérol.

Il est conseillé de privilégier les aliments riches en acides gras insaturés, qu’il s’agisse des monoinsaturés (oméga-9) ou des polyinsaturés (omégas-3/omégas-6). Ces acides gras insaturés se trouvent en grande quantité dans certaines huiles végétales, comme l’huile d’olive ou de tournesol, ainsi que dans des aliments tels que le soja, le maïs, les noix, les avocats, les arachides, les poissons gras et les légumes verts. Bénéfiques pour l’organisme, ils participent à la protection du système cardiovasculaire et du cerveau, et possèdent également des propriétés anti-inflammatoires.

4. Contrôler son rythme cardiaque

Une arythmie cardiaque, notamment sous forme de fibrillation atriale, multiplie par 5 le risque d’AVC. Il est donc essentiel de surveiller régulièrement son pouls afin de détecter une éventuelle irrégularité du rythme cardiaque.

En cas de battements irréguliers, trop rapides ou inhabituels, il est recommandé de consulter un médecin. Un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée, surtout par un traitement anticoagulant, permettent de réduire significativement ce risque.

5. Contrôler sa glycémie

Il est important de contrôler sa glycémie et, notamment, de maîtriser sa consommation de sucre afin d’éviter un excès de glucose dans le sang, appelé hyperglycémie.

Selon les recommandations de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), la consommation de sucres libres, c’est-à-dire les sucres ajoutés aux aliments et les sucres naturellement présents, devrait rester inférieure à 10 % de l’apport énergétique total dans l’alimentation quotidienne. Cela correspond à environ 50 g par jour, soit l’équivalent de 12 cuillères à café rases, pour un adulte consommant 2000 calories par jour.

Il est recommandé de privilégier les aliments non transformés plutôt que les préparations industrielles, souvent riches en sucres ajoutés.

6. Équilibrer son alimentation

Adopter une alimentation saine et équilibrée consiste à privilégier les fruits et les légumes, tout en réduisant la consommation de sel, de graisses saturées et de sucres. _ Une alimentation saine selon l’OMS

Il est essentiel de se rappeler des quatre principes d’une alimentation saine : suffisante, équilibrée, diversité et avec modération. Manger sainement signifie couvrir les besoins nutritionnels sans excès, assurer un bon équilibre entre les trois principales sources d’énergie que sont les protéines, les lipides et les glucides, et adopter une alimentation variée, le tout avec modération.

Privilégier les plats faits maison permet également de mieux maîtriser la qualité des ingrédients ainsi que les quantités de sel, de sucre et de matières grasses. Cuisiner soi-même constitue une habitude essentielle pour équilibrer son alimentation.

7. Avoir un poids normal

L’IMC (indice de masse corporelle) permet d’évaluer si le poids d’une personne est approprié par rapport à sa taille. C’est un outil simple pour estimer les risques liés au poids, même s’il ne mesure pas directement la masse grasse ni la répartition musculaire. Le risque d’infarctus cérébral augmente de 22 % en cas de surpoids (IMC compris entre 25 et 29 kg/m²) et d’environ 64 % en cas d’obésité (IMC ≥ 30 kg/m²).

À titre de repère, l’IMC d’une personne de poids normal se situe généralement entre 18,5 et 24,9 kg/m².

8. Pratiquer régulièrement une activité physique

Pratiquer une activité physique régulière présente de nombreux bienfaits pour la santé, notamment dans la prévention des AVC. Elle contribue à réduire la pression artérielle, à améliorer la circulation sanguine, à favoriser la perte de poids et à diminuer le taux de LDL-cholestérol ainsi que la glycémie.

La recommandation est de pratiquer au moins 30 min d’activités physiques dynamiques par jour. Privilégier la marche ou le vélo pour les déplacements quotidiens constitue un moyen simple et efficace d’atteindre cet objectif.

9. Limiter sa consommation d’alcool

La consommation d’alcool doit rester modérée. Il est conseillé de ne pas dépasser 2 verres par jour et 10 verres par semaine.

Pour référence, un verre d’alcool correspond à 10 g d’alcool pur.

La consommation excessive d’alcool (binge drinking) constitue un facteur de risque majeur pour la survenue d’un AVC. Il est donc recommandé de limiter la consommation et de boire avec modération.

Et surtout, apprendre à reconnaître les signes d’alerte d’un AVC

Identifier rapidement les symptômes d’alerte est essentiel, car chaque minute compte : une prise en charge rapide permet de limiter les séquelles d’un AVC.

Les signes caractéristiques qui doivent alerter sont :

  • une paralysie d’un côté du visage ;
  • une paralysie d’un côté du corps ;
  • des troubles de la parole et/ou de la compréhension ;
  • des troubles de la vision d’un œil ou d’une partie du champ visuel.

L’AVC N’EST PAS UNE FATALITÉ !

L’AVC est une pathologie résultant de l’obstruction d’un vaisseau par un caillot sanguin ou d’une rupture vasculaire, entraînant de lourdes conséquences neurologiques, des handicaps invisibles et divers problèmes de santé. Sa prévention repose sur la connaissance et le contrôle des facteurs de risque cardiovasculaires, ainsi que sur l’adoption d’un mode de vie équilibré. Le médecin joue également un rôle clé dans cette prévention, en amont de l’AVC et après un AIT ou un AVC, en identifiant les risques, en surveillant les pathologies et en guidant les patients vers des mesures adaptées.

Malgré ces mesures préventives, il est essentiel de reconnaître rapidement les signes d’alerte d’un AVC afin d’intervenir sans délai et de limiter les séquelles neurologiques.

Savoir réagir face à une urgence médicale est primordial, notamment pour reconnaître la survenue d’un AVC. Pour en savoir plus, allez sur la page _ Les symptômes de l’accident vasculaire cérébral (AVC)

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