Après avoir compris ce qu’on entend par le terme accident vasculaire cérébral (AVC) ou « attaque cérébrale », et à distinguer ses principales formes _ à savoir l’AVC ischémique (obstruction d’un vaisseau) et les 2 formes d’AVC hémorragique (cérébral et méningé, liées à la rupture d’une artère ou d’un vaisseau dans le cerveau) _ voir la page Qu’est-ce qu’un AVC ?
Il est également essentiel d’en connaitre et de contrôler ses principaux facteurs pour mieux le prévenir mais aussi prévenir l’AIT (Accident Ischémique Transitoire).
Parmi les facteurs de risque, certains sont endogènes, tels que l’âge, le sexe, les antécédents familiaux et le poids à la naissance (inférieur à 2,5 kg), tandis que d’autres sont exogènes, et donc contrôlables, qu’ils soient médicaux (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, fibrillation atriale ou auriculaire, diabète…) ou liés au mode de vie (tabagisme, alimentation déséquilibrée, manque d’activité physique…). Ces facteurs de risque sont d’ailleurs étroitement intriqués.
Les 4 facteurs de risque médicaux et silencieux
Les quatre facteurs de risque d’AVC, d’origine médicale sont le plus souvent silencieux : l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, le diabète et la fibrillation atriale. Ils ont en commun de ne provoquer aucun symptôme, parfois pendant des années, et de n’être décelables que s’ils sont systématiquement recherchés.
Leur diagnostic repose respectivement sur la mesure de la pression artérielle, une prise de sang pour évaluer la cholestérolémie (taux de cholestérol dans le sang) et la glycémie (taux de sucre dans le sang) la prise du pouls pour mesurer la régularité du rythme cardiaque.
L’hypertension artérielle
L’hypertension artérielle se définit par une élévation excessive de la pression artérielle. Une tension artérielle élevée est caractérisée par une pression artérielle systolique supérieure à 140 mmHg (millimètres de mercure) et/ou une pression artérielle diastolique supérieure à 90 mmHg.
En France, l’hypertension touche près d’1 adulte sur 2, et près de 50 % des hypertendus ignorent qu’ils le sont.
Il s’agit de l’un des facteurs de risque les plus importants d’AVC, car l’hypertension artérielle favorise à la fois les AVC ischémiques et les AVC hémorragiques.
L’hypercholestérolémie
L’hypercholestérolémie est liée à une élévation du taux de LDL-cholestérol (Low Density Lipoproteins), présent en trop grande quantité dans le sang. Les acides gras saturés sont responsables de l’augmentation du taux de LDL-cholestérol. Ils se trouvent principalement dans les graisses animales, le beurre, le fromage, le lait ou encore l’huile de palme.
Lorsque le LDL-cholestérol est présent en grande quantité dans le sang, le foie ne parvient plus à l’éliminer complètement. Celui-ci s’accumule et se dépose sur les parois des vaisseaux sanguins. Cette accumulation favorise l’athérosclérose et, par conséquent, augmente le risque d’AVC, en particulier celui des AVC ischémiques.
Le diabète
Le diabète se caractérise par un excès de glucose dans le sang (hyperglycémie). Le diagnostic du diabète est confirmé en cas de glycémie mesurée à jeun supérieure à 1,26 gramme par litre (g/L) à deux reprises, ou en cas de glycémie supérieure à 2 g/L à n’importe quel moment de la journée.
Le diabète est une maladie chronique qui touche environ 4 millions de personnes en France.
À long terme, cette hyperglycémie chronique endommage les parois des vaisseaux sanguins et favorise le développement de l’athérome dans la paroi des grosses artères, responsable d’AVC ischémiques.
La fibrillation atriale ou fibrillation auriculaire
La fibrillation atriale, également appelée fibrillation auriculaire, est un trouble du rythme cardiaque qui accélère le cœur et le fait battre de manière irrégulière. Cette irrégularité entraîne une circulation sanguine moins efficace entre les cavités cardiaques (2 oreillettes et 2 ventricules, droits et gauches), favorisant ainsi la formation de caillots sanguins dans le cœur. Ces caillots peuvent ensuite migrer dans la circulation générale et atteindre le cerveau, provoquant une occlusion d’un vaisseau ou d’une artère cérébrale responsable d’un AVC ischémique.
La fibrillation atriale est une maladie fréquente touchant 1 % de la population générale. Sa prévalence augmente fortement avec l’âge, atteignant 10 à 15 % chez les personnes de plus de 80 ans.
Les facteurs de risque liés au mode de vie
L’importance des facteurs de risque liés au mode de vie, étroitement associés au contexte socio-économique et culturel d’une personne, a longtemps été sous-estimée. Pourtant, ils sont aujourd’hui clairement identifiés et, pour beaucoup d’entre eux, leur contrôle est efficace dans la prévention des AVC et autres maladies vasculaires.
Le tabagisme
Le tabagisme favorise le développement de l’athérosclérose en exerçant une action délétère sur la paroi des artères et en perturbant le métabolisme du cholestérol. La consommation de tabac est le facteur de risque le plus fréquent du développement d’un anévrisme intracrânien.
Le tabac double le risque d’AVC et, avant 50 ans, ce risque est quadruplé. Le tabagisme passif augmente lui aussi le risque. Selon l’étude InterStroke de 2010, 19 % des AVC étaient imputables au tabac. Ce pourcentage pourrait augmenter avec un âge de début plus précoce et une consommation plus importante de cigarettes. Le risque diminue après l’arrêt du tabac, mais la réduction est plus lente chez les personnes ayant fumé longtemps et fortement.
Une étude de santé publique France, publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de janvier 2021 (BEH) a également montré que le tabagisme peut avoir des effets précoces et pour une très faible consommation de tabac.
L’obésité
L’obésité est un facteur de risque à la fois médical – avec une composante génétique démontrée – et liée au mode de vie, associant une alimentation hypercalorique et un comportement sédentaire.
Elle augmente le risque d’infarctus cérébral, indépendamment de son intrication fréquente avec l’hypertension artérielle, le diabète et l’hypercholestérolémie.
Par rapport à des personnes de poids normal, le risque d’AVC augmente de 22 % en cas de surpoids (Indice de Masse Corporelle, IMC de 25 à 29 kg/m²) et de 64 % en cas d’obésité (IMC supérieur à 30 kg/m²).
La surconsommation d’alcool
L’alcool demeure un facteur de risque majeur d’AVC avec une relation complexe qui varie avec le type d’AVC et le niveau de consommation. Bien que ce soit la teneur en alcool qui compte, la consommation est habituellement exprimée en équivalent « verres de vin », qu’il s’agisse de vin, de bière, de liqueur ou de toute autre boisson alcoolisée.
Pour les risques d’hémorragie cérébrale, la relation est linéaire : le risque augmente avec la consommation d’alcool.
Pour le risque d’AVC ischémique, la situation est plus nuancée, car de nombreuses études suggèrent un risque moindre chez les personnes ayant une faible consommation (moins de l’équivalent de 2 verres de vin par jour chez l’homme et moins d’un verre chez la femme).
Enfin, il convient de noter que l’alcoolisation aiguë (binge drinking) est une cause reconnue d’AVC, malheureusement de plus en plus fréquente chez les jeunes.
L’absence d’activité physique et la sédentarité
L’absence d’activité physique et la sédentarité, en partie liées à l’urbanisation, ont de nombreux effets délétères sur la santé. Elles favorisent l’hypertension artérielle et l’obésité, augmentant ainsi le risque d’AVC. Les personnes ne pratiquant pas d’activité physique régulière présentent un risque d’AVC supérieur de 25 à 30 % par rapport à celles qui en pratiquent. À l’inverse, une activité physique régulière permet de réduire ce risque.
L’activité physique contribue en effet à réduire la pression artérielle, favorise la perte de poids et diminue le taux de « mauvais » cholestérol (LDL-cholestérol), ainsi que la glycémie.
L’activité physique régulière est donc bénéfique pour la santé, en particulier dans le cadre de la prévention des maladies vasculaires, dont l’AVC. Pour en savoir plus, _ consultez la page Comment diminuer le risque d’AVC ?.
Le régime alimentaire
Le régime alimentaire est l’un des facteurs de risque les plus difficiles à étudier scientifiquement, ce qui explique le foisonnement de conseils diététiques et de régimes plus ou moins fantaisistes dont l’efficacité pour diminuer le risque vasculaire reste à démontrer.
Les données les plus solides concernent l’effet néfaste du sel (chlorure de sodium) et du sucre, notamment le glucose, ainsi que celui d’une alimentation trop riche en graisses, et l’effet bénéfique des fruits et légumes.
L’excès de sel dans l’alimentation constitue en effet l’un des principaux facteurs contribuant au développement de l’hypertension artérielle, principal facteur de risque des AVC, qu’ils soient ischémiques ou hémorragiques. De même, une consommation excessive de sucre favorise le développement du diabète, autre facteur majeur de risque d’AVC.
En conclusion, les facteurs de risque de l’AVC sont nombreux, souvent intriqués, et relèvent à la fois de caractéristiques individuelles et endogènes (âge, sexe, antécédents familiaux) et de facteurs exogènes, médicaux ou liés au mode de vie. L’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, le diabète, la fibrillation atriale, le tabagisme, la sédentarité, l’obésité et les déséquilibres alimentaires jouent un rôle central dans la survenue de l’AVC.
La majorité de ces facteurs peut être dépistée et contrôlée, à condition qu’ils soient identifiés précocement et pris en charge de manière adaptée. Cette réalité fait de la prévention un enjeu majeur de santé publique. Comprendre les facteurs de risque et connaître les causes de l’AVC constituent ainsi les étapes essentielles pour agir efficacement et réduire l’incidence des AVC. Pour en savoir plus, consultez la page Causes de l’AVC.



